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Jeudi 22 mars 2007
Départ de Ouaga pour 4 des nôtres- Gilbert, Michel Culo, Michel Leclaire et Jean René, en direction de Niamey pour prendre l'avion.
Pour le reste de l'équipe, départ de Oaga vers 8 heures vers Dori à 300 kms en passant par Kaya
Durant les 5 heures de route, le paysage devient progressivement désertique. Nous traversons Bani, ville dont les mosquées sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le père Jean Bipendo, successeur du père Bidaud nous accueille au presbytère
François Paul RAMDE, responsable de la gestion des finances de l'UFC nous reçoit.
UFC  -Union Fraternelle des Croyants, dont le fondateur est le Père Lucien BIDAUD, a été créé pour permettre à des musulmans et des chrétiens de travailler ensemble
Ces organismes (ufc dori et ufc gorom gorom) étonnent toute personne qui en entend parler pour la première fois, parce que tout le monde est surpris de voir que des musulmans et des chrétiens catholiques , puissent se retrouver et s'entendre pour travailler au développement de leur région. Et oui il faut reconnaître que de telles organisations sont très rares dans le monde. Mais cela a été possible grâce à l'esprit de collaboration et de fraternité et à l'ouverture d'esprit du père Bidaud, décédé en 1987 lors de la traversée du désert algérien.
Une partie du travail de l'UFC se concrétise dans le centre social, ou sont formées les femmes des deux communautés, à la broderie, la couture , le tricot....., et aussi dans la centre de réinsertion des handicapés.
Beaucoup de main-d’œuvre à notre disposition pour vider le camion de son contenu - fauteuils roulants, bicyclettes, lits, matelas, produits d'entretien, semences , livres de classes ou de bibliothèque....
Une autre réalisation des UFC et pas la moindre est le creusement et la mise en valeur des Boulis
Un BOULI est un puits à grand diamètre, environ 25, en forme de cône , qui récolte l’eau à la saison des pluies, et permet de cultiver entre 2,5 et 3 ha de terre autour en jardinage – choux – carottes – aubergines – pommes de terre – salade - concombre – tomates. Les hommes cultivent les parcelles qui leur sont attribuées, et les femmes achètent les productions pour les revendre sur les marchés.
C’est un plaisir de voir cet îlot de verdure dans un paysage désertique. Aujourd’hui les boulis sont au nombre de 38 et sont construits selon des critères très rigoureux.
Nous partageons le dîner avec les membres du bureau de l’UFC, 4 catholiques, 4 musulmans –
L’émotion était là lors des deux bénédicités !!!!
L’esprit de Lucien Bidaud plane tout au long de cet échange.
François Paul RAMDE offre à l’association un portrait du père, gravé sur une peau et encadré.
Par Cécile Gourhand - Publié dans : Les étapes
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Jeudi 22 mars 2007
Les 4 premiers retours se sont faits par un vol pris au départ de Niamey, ce qui nous a donné un petit aperçu du Niger et de sa capitale.
A la frontière Burkina – Niger la cassure est nette… du moins pour ce qui concerne le réseau routier. Le bus quitte une route au goudron approximatif et arrive sur voie plus large dont les lignes blanches signalent et son milieu et les bas-côtés. Une route à l’européenne dont des panneaux indiquent les co-financements de l’Europe du Luxembourg de Monaco etc.
A l’approche de Niamey, quelques collines viennent rompre la monotonie d’un paysage jusqu’ici bien plat. La présence du fleuve annonce vallées et verdure. Et la capitale arrive au sortir de l’unique pont sur le Niger, ce qui explique sans doute le développement de la ville sur une seule rive. Déjà, le ciel parait plus lumineux qu’à Ouaga. Les voitures sont plus nombreuses, mais c’est la même circulation anarchique. La visite de la ville est agréable. Le sable des rues a remplacé la terre. Il est plus lourd et le vent n’a pas la force de l’emmener plus haut, ce qui rend l’atmosphère beaucoup plus respirable.
La présence des investisseurs successifs a laissé des monuments tels que la mosquée du roi Fayçal ou celle de Kadafi. Les alliances sont liées aux régimes politiques successifs.
 
Le fleuve dort en bas de la ville. Quelques pirogues de pêcheurs s’activent. Les lavandières s’affairent sur la rive et le linge sèche à même l’herbe.
Aucune péniche, aucun bateau sur cette eau calme. La navigation est absente. Je n’en connais pas la raison. C’est étonnant de voir une telle surface apparemment libre d’obstacles sans d’autre activité.
 
Le village artisanal et les marchés de la rue grouillent de gens. Nous étions les rares blancs à fendre la foule étonnée de voir des étrangers à cette période.
 
Au revoir le Niger 
Par Cécile Gourhand - Publié dans : Les étapes
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Lundi 5 mars 2007

Voici le dernier message de notre reporter, Gilbert :

"Bonjour de Niamey où 4 compères sont en transit avant le retour en France. Je suis désolé de ne pouvoir poursuivre le reportage  concernant Dori et Réo. J'essaierai de faire une synthèse (surtout des photos) que mes amis ramèneront de leur expérience.
Voilà. Je vous dis au revoir et à la semaine prochaine pour d'autres informations. Je sais, au nombre de commentaires,que le périple a intéressé beaucoup d'entre vous.
Merci et pardon pour les fautes " de français""

 

Par Cécile Gourhand - Publié dans : Les étapes
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Dimanche 4 mars 2007
Aujourd’hui, notre mission nous conduit au village de Koubry situé à une trentaine de kms au sud-est de Ouaga, pour retrouver de sœurs de la congrégation de St Gildas des Bois. C’est un endroit qu’on atteint après une douzaine de kms de pistes lorsqu’on quitte le goudron.
 
Les bâtiments du dispensaire sont assez importants et précèdent l’église et le monastère. Nous stationnons au dispensaire, où nous devons laisser tout un camion d’équipements. Les endroits de stockage suffisent à peine à abriter l’ensemble du chargement aux regards des habitants. Il faut essayer de rester discret, sinon les sœurs seraient vite déborder par le nombre de sollicitations.
Le travail se fait dans la bonne humeur. Ensuite sœur Gisèle, responsable du dispensaire nous fait visiter son environnement de la salle de consultation à la « case » d’hospitalisation en passant par la pharmacie. Sœur Gisèle Chapelais est native de la commune de Jans dans le 44 et est à Koubry depuis 6 mois. Infirmière de formation elle encadre une équipe locale composée d’infirmières et de personnes de soins.
Toute le logistique du dispensaire est assuré par des fonds privés (communauté et dons), et des aides associatives comme celle d’ASF ou encore d’une association du Havre qui a laissé une ambulance.
L’accueil est très chaleureux. Sœur Francine Petiteau est très joviale et très disponible pour nous servir un rafraichissement et nous préparer un très bon repas.
Sœur Francine est native du Dresny-Plessé et est au Burkina depuis 37 ans bientôt. Retraitée, elle se dit aujourd’hui « maîtresse de maison » et conserve une activité de formatrice :
            - formation religieuse dans un collège de jeunes filles
            - formation de catéchèse pour les volontaires
            - cours de noviciat à Kolocoro
 
L’activité de l’ensemble concerne 10 villages autour de Koubry et est orientée vers le sanitaire. La réalisation du projet de « construction de maternité » doit voir le jour prochainement. Les fonds nécessaires sont presque rassemblés. Sœur Gisèle est très attachée à cette réalisation qui complètera l’ensemble.
Les dons laissés par ASF seront soit utilisés pour le dispensaire, soit revendus à un prix « social » aux habitants (vêtements, lingerie etc…). L’argent ainsi récolté est réinvesti dans des stages d’emploi, dans des formations ou dans des équipements pour le dispensaire.
 
Les sœurs sont très occupées. Elles se divertissent par la télé burkinabé (Sœur Francien apprécie les matchs de football), par la découverte d’autres régions du pays, dans les assemblées de régions où elles retrouvent leurs semblables, …et les 6 semaines de séjour en France dont elles bénéficient tous les 2 ans ou chaque année pour les retraitées encore en activité.
 
Mais on devine bien par les échanges qu’elles excellent dans les rencontres et les contacts avec les gens. Elles constituent le lien social entre les habitants. Elles représentent le savoir, la confiance et participent au bien-être de la population environnante.
Le village de Koubry est dans ce sens privilégié et Action Sans Frontière est fière de contribuer, à sa manière, à la vie du dispensaire et à l’activité des Sœurs. (Francine, Gisèle et Dominique, absente lors de notre passage).
Par Cécile Gourhand - Publié dans : Les étapes
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Dimanche 4 mars 2007
Le champ d’actions a pu être libéré. Ouf ! les camions sortent des douanes vers 12h. Un des véhicules est immédiatement dirigé vers le siège de Métissage à la sortie de Ouagadougou pour y être en partie déchargé. C’est un peu la fête chez Jean-louis et ses amis. Tout le monde fait la chaîne pour acheminer dans les locaux : les paquets de vaisselle, les machines à coudre, les vélos, les « concasseurs » à farine etc.. 
 
C’est un réel plaisir pour l’équipe, enfin, de pouvoir atteindre l’objectif et d’échanger avec les membres de l’association. Nous découvrons également d’autres acteurs bretons mandatés par « l’enseigne » Métissage pour construire le gros œuvre d’un bâtiment scolaire. En fait ce sont de jeunes du centre « CFA » (Centre de Formation des Apprentis) de Vannes qui effectuent un stage pratique dans la banlieue de Ouaga.
 
Après le travail physique, les deux associations échangent sur leurs actions respectives ; Métissage rappelle par la voix de son Président d’Honneur, Mr Tiéba Diumbo, la création de cette antenne par Madame Jeannette Badouelle il y a un peu plus de 6 mois. Depuis, l’organisation mise en place a créé des ateliers, de couture, d’informatique, de tissage, …et redistribue dans les familles les dons reçus par container. Ce sont 11 personnes regroupées autour de Jean-Louis Ehua qui essaient de répondre à la demande des habitants des villages environnants. Les sourires et le bonheur de ces gens laissent imaginer leur capacité à affronter les problèmes de la vie africaine et leur détermination à apporter le réconfort dans ces quartiers bien éloignés de tout.
 
Depuis notre arrivée à Ouagadougou, nous avons souvent la visite d’un jeune homme, qui s’intéresse de près à l’activité d’ASF et qui cet après-midi s’est dépensé physiquement auprès de nous.
Faisons connaissance avec BOUBA.
Jeune homme de 26 ans, il vit auprès de sa mère alitée dont il s’occupe le plus qu’il peut. Privé d’étude (disons d’école) pour pouvoir acheter des médicaments à sa mère, il revendique la profession d’artiste musicien.
-Alors Bouba, explique-moi pourquoi tu es si proche de nous.
 
« J’ai connu Monsieur Maurice, le président, à l’occasion de sa venus en fin d’année 2005. Je suis vraiment content d’être avec Action Sans Frontière, parce que j’avais été impressionné par Maurice. Dès que j’ai su qu’il allait revenir, j’étais content de le rencontrer à nouveau.
Mais, j’aimerais travailler avec vous, parce que je préfère le travail physique. Dans mon pays, il n’y a pas de travail. J’aimerais faire partie de votre groupe. Je suis motivé par votre action en Afrique, parce que vous comprenez la situation, vous me comprenez et votre travail me plait beaucoup. J’apprécie votre association et quand vous allez partir, vous allez beaucoup me manquer… »
 
C’est ce même Bouba qui m’a expliqué avec ses mots l’histoire récente du Burkina et son désespoir de constater la situation de son pays.
 
Voilà quelques instants de vie meilleure donnés à ce jeune dont la seule volonté ne suffit pas à le faire grandir. Il lui faut un encadrement et une motivation. Son pays saura-t-il les lui donner ?
 
Afrique, c’est toi qui a la réponse………….
Par Cécile Gourhand - Publié dans : Les étapes
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